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Frascati Historisch

 

Frascati historisch

Frascati is een stemmig dorp gelegen tussen de wijngaarden en olijfbomen, iets ten zuiden van Rome, middelpunt van de wijnbouw in deze streek en culinair centrum van de provincie Latium. Blijkbaar heeft Cicero hier nog gewoond.

En Frascati was de naam van de grootste zaal van Leuven in de periode 1803-1868.
Van waar komt deze naam?

In 1789 werd de Pedagogie “De Lelie” (aan de huidige Diestsestraat) opgeheven en in 1805 verworven door Jacques Guillaume Cordemans (Leuven, 1769-1856, zoon van een Leuvense slotenmaker).
Hij verbouwde een deel van het complex tot appartementen, een deel werd café en het binnenhof werd een balzaal naar plannen van architect Fisco.

Cordemans noemde de zaal “Frascati” naar het voorbeeld van een vroeg 19de-eeuwse, succesvolle casinozaal in Parijs, uitgebaat door de Napolitaanse glacier Garchi.

Cordemans’ zaal opende op 3 mei 1803 zijn deuren, met een bal ten voordele van de slachtoffers van een grote brand in Marche-en Famenne. Tot 1868 was Frascati de belangrijkste concert- en danszaal van Leuven. Indien internationale muzikanten de weg naar Leuven vonden, speelden ze negen keer op tien in “de Frascati” (een andere belangrijke zaal was het Tafelrond op de Grote Markt).

Opmerkelijk is dat de functie van deze privé-onderneming volledig werd overgenomen door de Stad Leuven met het bouwen van de (huidige) schouwburg. Deze opende op 3 september 1867 zijn deuren met de Belgische creatie van Gounod’s Roméo et Juliette (door de Leuvense Société Adelphique-Dramatique).

"Jacques Guillaume Cordemans, né à Louvain le 1 septembre 1769, fils de Guillaume, serrurier qui s’était fait  une certaine réputation par les œuvres qu’il avait créées, acheta à cette fin [nl. om een goede theater- en concertzaal te bouwen], la pédagogie nommée Le Lis, située entre la rue de Savoie et la rue de Diest en côtoyant la rue neuve. En 1358 il existait une école designée sous le nom de scole in der Dorpstraet (l’école de la rue van Dorp – rue de Diest) convertie en pédagogie en 1450, par Jean de Hasselt licencié en droit canon, et Jean Bloc, licencié en théologie, qui prirent pour régent Charles Mannekens dit Virulus (bout d’homme). Celui-ci dirigea l’institut pendant 54 ans, mourut le 13 mai 1493, et par testament, ajouta à son école, une maison voisine appelée la fleur de Lis, d’où le nom est resté à la pédagogie. Elle fut entièrement reconstruite en 1660, ainsi que l’indique le chronogramme placé audessus de la porte d’entrée, rue de Diest :
PeDagogIVM fLorentIs LILII
Cet établissement qui était très grand, fut supprimé en 1789 et vendu en 1805. Il fut acquis par Jacques Guillaume Cordemans qui transforma en habitations particulières la partie qui longedit la rue neuve, et en café celle qui se trouvait dans la rue de Savoie ; la cour fut convertie en salle de bal. Les travaux commencèrent en Juin 1806, d’après les plans de l’architecte Fisco. Un rang de loges soutenues par des colonnes doriques, faisait le tour de la salle qui avait 43 mètres de longueur et 26 mètres de largeur ; l’extrémité hémisphérique ornée de colonnes accouplées, était adossée au café dont elle était séparée par des cloisons mobiles ; l’autre côté, où se trouvait la principale entrée, débouchait par une avenue carrossable dans la rue de Diest. Le propriétaire lui donne le nom de Frascati.
Le Lecteur voudra sans doute connaître le motif qui a engagé Cordemans à donner ce nom à sa salle ? Nous allons tâcher de satisfaire à son désir.
Antoine Laurent Lavoisier, né le 26 Aout 1743, considéré comme le fondateur de la chimie moderne, occupait à Paris, vers l’angle de la rue Richelieu et du boulevard, l’hôtel Lecoulteux où on vint le prendre le 18 mai 1794, pour le conduire à la guillotine. Lavoisier, étant sur la voie d’une grande découverte, demanda un court sursis pour pouvoir l’achever ; Coffenthal, viceprésident du tribunal révolutionnaire, répondit : « la république n’a pas besoin de savants » ! Qui sait ce que la guillotine emporta ce jour ?
L’hôtel fut acheté et démoli par Garchi, glacier napolitain et transformé en café Frascati (Frascati, ancien Tusculum, à 17 kilomètres de Rome, fameux par le séjour de Ciceron, renommé par la splendeur de ses villas, ses jardins, ses cascades, ses statues antiques et les fresques du Dominicain ; sa population est d’environ 6,000 âmes). Le succès fut énorme ; de milliers de personnes, attirées par la roulette et autres jeux de hasard, vinrent s’y ruiner en enrichissant les entrepreneurs. Ces prospérités scandaleuses n’eurent pour terme que la loi du 31 Décembre 1837, qui abolit les maisons de jeu. Frascati fut à son tour démoli et remplacé par le passage des Panoramas. La renommée conquise par cet établissement, engagea Cordemans à donner ce nom à sa nouvelle salle. Si notre concitoyen n’a pas fait une fortune colossale comme Garchi, il n’a causé la ruine que de quelques joyeux compagnons qui y sont venus dépenser leur dernier sou, et malgré ce désastre, en ont conservé un bon souvenir.
La salle, avec sa calotte hémisphérique et ses  26 colonnes blanchies à la colle, avait l’aspect d’une basilique romaine, les bas-cotés élevés de deux marches permettaient aux spectateurs de circuler et de jouir de la vue de ce fouillis de danseurs qui se trémoussaient au centre. La séparation en panneaux mobiles, permettait de réunir, les jours de fêtes, le café à la grande salle. Au dessus du café il y avait, avec entrée particulière, une seconde salle assez spacieuse pour y donner des fêtes plus intimes et moins nombreuses, telles que banquets, répétitions, ballotages, conseils administratifs etc.
1807 L’inauguration de Frascati se fit le 3 mai, - par un bal au bénéfice des malheureux de Marche-en-Famenne. Dès le commencement le bal du mardi de la Kermesse attira et ne cessa d’attirer annuellement une foule de danseurs et de curieux, on seulement de la ville et des environs, mais aussi de Diest, de Tirlement, de Bruxelles, même d’Anvers, de Gand et de Liège. L’attrait devait être grand et le courage robuste, car pour venir de ces dernières villes, il fallait rester une journée entière dans le coche ; les diligences ne parurent qu’en 1817 et les voies ferrées en 1835."

Uit A. EVERAERTS, Quelques Souvenirs à la Salle de Frascati à Louvain (1806-1870) Manuscript in SAL Cuvelier, nr.78, pp.8-11

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